Les nouveaux mots français de 2015

Langue française : les nouveaux mots du Larousse et du Robert

Extrait du dictionnaire Robert

Extrait du dictionnaire Robert
©TV5MONDE

Comme tous les ans, les deux piliers de la lexicographie française que sont Larousse et Robert font connaître les « nouvelles entrées » de l’année, celles qui seront intégrées aux crus 2016 du Petit Larousse et du Petit Robert, publiés fin mai 2015 pour atteindre un pic des ventes à la rentrée.

Coup de jeune

Les éditeurs signifient ainsi leur choix de mots qui, entrant dans l’usage par la grande porte, sont officiellement admis comme faisant partie du lexique français. Ils donnent à la langue de Molière un coup de jeune, de « fun » ou de « glamour », que d’aucuns, comme le journaliste Pascal Praud sur la radio RTL, qualifient « jeunisme de contrebande ». Reste que ces nouveaux venus décrivent aussi une actualité brûlante ou des phénomènes de société révélateurs de notre époque. Certains tiendront le temps d’une éphémère tendance, d’autres resteront pour la postérité.

Environnement

Pour sa rentrée 2016, alors que la conférence internationale sur le climat de Paris est à l’ordre du jour, Larousse met l’accent sur l’environnement, avec des termes comme « durabilité » ou « électrosensibilité ».

Dans le Robert, les mots de l’écologie sont un peu plus contestataires. L’emblématique « zadiste », qui s’est fait connaître en empêchant la construction d’un aéroport ou d’un barrage, entre au dictionnaire avec la ZAD, acronyme de « zone à défendre ». Le Robert accueille aussi les « décroissants », les « climatosceptiques » et l’expression « décarboner », tandis que le mot « déchétarien » acquiert droit de cité : « personne qui se nourrit d’aliments de rebut ».

Mode de vie

Font aussi leurs débuts des termes décrivant des phénomènes de sociétés récents, comme « covoiturer » qui, comme tous les mots en co-, témoignent de l’adaptation de la société aux problèmes économiques, écologiques et démographiques.

Côté cuisine, le Robert s’ouvre sur le monde avec la courge « butternut », le steak écossais « angus », le citronnier du Japon « yuzu », le « cari » et le « biryani » indiens, et la focaccia italienne. Larousse a retenu la tomate « coeur-de-boeuf », qui conviendra sans doute aussi bien aux « crudivores », qu’aux « végan ». Les baies de « goji » et le « guar » pourraient, eux, plaire aux amateurs de « bistronomie », à moins qu’ils ne trouvent une utilisation en cuisine « moléculaire ».

Anglicismes francisés

Ceux-là correspondent à des réalités venues du monde anglophone, souvent issues des nouvelles technologies, comme « community manager », ou encore « bitcoin » et « big data », intronisés à la fois par les deux dictionnaires.

Baromètre politique

Parmi les nouveaux-venus, il en est qui consacrent l’atmosphère politique pesante qui règne dans l’Hegaxone depuis quelques années. Le mot 2016 pourrait être « clivant » pour certains, la « lose » pour d’autres. A moins que « dédiabolisation » ou « rétropédaler », intégrés par Larousse, ne prennent le dessus. Le Robert, lui, cède au « déclinisme », et au « court-termisme », et rencontre des « nonistes » et des « suprémacistes ».

Cour de « récré »

A côté du bastringue, le bolos fait son apparition, dans un registre familier, avec cette définition :

« Les parents et grands-parents en entendaient parler, sans en comprendre exactement le sens du mot bolos. Il était donc utile de le définir dans le dictionnaire, » explique à nos confrères de France Info Carine Girac-Marinier, directrice du département Dictionnaires et Encyclopédies de Larousse.

Nouvelles acceptions

Avec l’évolution de la langue, des termes bien ancrés dans la langue s’enrichissent de nouvelles signification. Dans le millésime 2016 des dictionnaires de référence, les particules deviennent « fines », la ferme est aussi « voltaïque » et l’oubli peut être « numérique ».

Francophonie

La francophonie livre quelques pépites : en Suisse, « chneuquer » signifie « fouiller, fouiner », tandis que le sympathique « siester », pour « faire la sieste », arrive d’Afrique. Au carrefour des mondes anglophones et francophones, le québécois propose « l’égoportrait » en lieu et place du « selfie ».

Malala, Banksy, Daesh et Cabu

Du côté des « noms propres », Larousse accueille le roi du street art britannique Banksy, , la jeune Pakistanaise lauréate du prix Nobel de la Paix Malala Yousafsai, le philosophe français Bernard Henri-Lévy ou le pionnier de l’agroécologie Pierre Rabhi, parmi une cinquantaine d’autres noms.

Le Robert, lui, colle à l’actualité avec Daesh, l’acronyme arabe de l’Etat islamique ; Kobané, la ville kurde théâtre de violents combats au nord de la Syrie ; Felipe VI, le nouveau roi d’Espagne ; le chef du gouvernement italien Matteo Renzi et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Serge July ,le fondateur de Libération est cité, ainsi que Charlie Hebdo et ses dessinateurs décédés dans l’attentat du 7 janvier, Cabu et Charb.

Fenêtres sur le Web

Les deux principaux dictionnaires français déploient une stratégie numérique approchante. Le Robert propose une clé d’accès numérique à une version en téléchargement, une version en ligne par abonnement et une « appli » Ipad.

Quant à l’incontournable Laousse, il propose une carte d’activation donnant accès à 80 000 mots, 9 600 verbes conjugués et 200 vidéos tirées des archives de l’INA sur les moments marquants du XXe siècle. La nouveauté 2016 : une carte multimédia  donnant accès aux ressources « jusqu’au 1er janvier 2018 avec des mises à jour régulières« , précise Larousse.

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